Rencontre avec le fondateur : pourquoi un agronome se lance dans les spiritueux
Avant de fonder WINEX, Godwin Kodjo Akpédjé Agahu n'était pas destiné aux spiritueux. Sa formation, c'est l'agronomie — la science de la terre, des cultures, des matières premières. C'est justement de là que tout est parti.
« On me demande souvent pourquoi un agronome se retrouve à créer des liqueurs et des gins », raconte Godwin. « Ma réponse est toujours la même : parce que je connaissais la matière première mieux que la plupart des gens qui se lancent dans les spiritueux. »
Une enfance nourrie de botanique
Grandir au Bénin, c'est grandir entouré de cajou, de corossol, de noix de coco, de moringa, de plantes médicinales que l'on utilise en famille sans forcément en connaître le nom scientifique. Cette proximité avec la richesse botanique ouest-africaine a nourri, très tôt, une conviction chez Godwin : ces ressources méritaient mieux qu'une exportation en matière première brute.
« Nous exportons du cajou brut, du corossol frais, et nous importons ensuite des produits transformés à partir de ces mêmes ressources, mais fabriqués ailleurs, vendus plus cher, sous d'autres marques. Cette absurdité économique, je voulais la corriger à mon échelle. »
De l'agronomie à l'entrepreneuriat
Après avoir approfondi ses connaissances en agronomie et en transformation des produits agricoles, Godwin fonde WINEX GLOBAL INDUSTRIES en novembre 2017. Les débuts sont artisanaux : petites quantités, recettes testées et retestées, distribution locale, apprentissage permanent.
« Je n'avais pas de modèle à suivre. Il n'existait pas de grande marque africaine de spiritueux premium à qui je pouvais demander conseil. Il a fallu apprendre en marchant, corriger nos erreurs, écouter les consommateurs, ajuster les recettes. »
Une ambition qui dépasse l'entreprise
Aujourd'hui, Godwin ne parle plus seulement de WAKIZA ou d'OJU, mais d'une génération de marques africaines à construire. « Mon ambition n'est pas seulement commerciale. Je veux que WAKIZA soit un motif de fierté pour les consommateurs africains, et la preuve qu'on peut bâtir, depuis le Bénin, des marques capables de rivaliser avec les plus grandes références internationales. »